Restauration d’une calade en galets de rivière
Un trésor sous nos pieds !
Une calade en galets, j’en ai toujours rêvé. Alors, lorsque nous avons décidé de retirer les pierres de Pompignan qui recouvraient l’allée longeant notre maison, quel bonheur d’y découvrir une ancienne calade ! Certes elle était endommagée, mais bien présente. L’idée de la restaurer m’a immédiatement séduite, d’autant plus qu’elle s’inscrivait parfaitement dans notre démarche de valorisation des matériaux existants. Voici comment, avec l’aide d’Éric, j’ai redonné vie à ce trésor oublié…
Une restauration qui s'inspire des techniques traditionnelles
Ma principale crainte pour ce chantier était de ne pas obtenir un sol parfaitement plat. Avant de commencer, j’ai effectué quelques recherches sur les techniques de pose et visionné pas mal de tutoriels. On trouve toutes les infos utiles sur la toile : de nombreux passionnés y partagent leur savoir-faire. D’emblée, je vous livre mes incontournables :
- Fiche pratique « pavage et calade » du CAUE Midi-Pyrénées
- Le Mémento des bonnes pratiques pour bâtir et restaurer des calades – Monts d’Ardèche
- Vidéo « les gestes du poseur de calade » – Université populaire Ventoux
Ces sources m’ont été précieuses pour comprendre les bases avant de passer à la pratique.
Nos aménagements pour réussir la pose des galets
Avant de poser la calade, nous avons aménagé l’allée :
- Les côtés de l’allée : Sur une des longueurs, Éric a habillé le muret du bac à plantes avec des briques récupérées dans l’annexe de la maison. Du côté opposé, l’entreprise Champès a installé une grille en fonte pour l’évacuation des eaux de pluie.
- Les niveaux : L’allée, légèrement en pente, a été divisée en trois sections planes séparées par des marches en pierres récupérées sur site ou achetées sur LeBonCoin.
Nous avons donc obtenu trois grands sections délimitées par le muret du bac à plantes et la grille en fonte sur les longueurs, et par les marches en pierres sur les largeurs. Cette délimitation m’a grandement facilité la tâche.
La restauration de notre calade, étape par étape
Un jour de janvier 2023, ça m’a pris : je me suis lancée dans la reconstitution de ces 60m2 de calade. J’ai suivi pas à pas les conseils glanés sur la toile :
- Préparation du sol: J’ai soigneusement nivelé le sol dans chaque section.
- Délimitation de la zone de travail : Les trois sections étaient grandes. Pour avancer méthodiquement, j’ai travaillé par petites portions de 30 cm, en utilisant une planche de coffrage fixée dans le sol avec des piquets, à fleur de la rigole en fonte. De l’autre côté, un cordeau me servait de repère.
- Pose du mortier : J’ai étalé un mélange de 3/4 de sable, 1/4 de chaux, sur une hauteur de 5 cm, que j’humidifiais légèrement une fois au sol pour former un mortier gras (précision : notre allée est uniquement piétonne).
- Pose des galets : Les galets, placés sur la tranche et bien serrés les uns contre les autres, prenaient leur place petit à petit.
- Nivellement : Armée d’un niveau, d’une massette et d’un madrier, j’ai damé chaque portion pour garantir une surface plane.
- Finitions : Une fois tous les galets posés, j’ai saupoudré un mélange de sable et de chaux pour les joints, arrosé en pluie fine pour sceller le tout.
En technique traditionnelle on suggère d’utiliser de la terre tamisée pour les joints, mais le mélange sable-chaux facilite l’entretien et offre une belle finition.
Mon retour d’expérience sur ce projet de calade
Ce que j’ai aimé
Reconstituer cette calade a été l’un des projets les plus intéressants que j’ai réalisés. Bien que long, le travail n’était pas éprouvant physiquement. les galets, manipulés un par un, sont faciles à manier. Peu d’outils sont nécessaires, mais il faut s’armer de patience.
Ce qui m’a posé problème
J’ai entrepris ce projet en plein hiver. Les journées courtes et les températures fraîches ont limité mes sessions de travail à 5 ou 6 heures par jour.
Après la dépose des pierres de Pompignan (très lourdes), nous avons dû retirer tous ces beaux cailloux, les stocker dans le jardin, puis déplacer à nouveau : l’inconvénient de vouloir réutiliser les matériaux présents sur place et de ne pas avoir suffisamment d’espace pour tout stocker. Autre précision : la calade d’origine était plus large que celle que j’ai reconstituée, ce qui m’a assurée d’avoir suffisamment de galets … malgré tout, j’ai eu un doute jusqu’à la pose des derniers.
Le résultat : une mer de galets !
Les deux ou trois premiers mètres révèlent quelques irrégularités, mais dans l’ensemble, cette calade apporte désormais un charme indéniable à notre maison. Ce projet s’inscrit dans notre démarche de récupération et de valorisation des matériaux trouvés sur place, qui nous tient à cœur.
Et vous ?
N’hésitez pas à vous lancer ! Avec de la patience, des pierres ou des galets, vous pourriez donner un cachet unique à votre extérieur.








